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La beauté cachée des poules Olivier Un pied dans le graphisme, l’autre dans la photo, Olivier Langlois s’est un peu par hasard pris d’affection pour les poules et poulets, volatiles ô combien banals dont il révèle la beauté en les traitant comme des stars hollywoodiennes. De la prise de vue à la postproduction 86 Nat’Images des images, il explique sa technique. Langlois Mes séries de “poules sublimées” ont été effectuées sur trois ans. Au tout départ, il s’agissait pour moi de répondre à la commande d’un client pour sa photothèque. J’avais un cahier des charges particulièrement ouvert, ce qui m’a permis de réaliser des photos “corporate” et d’autres plus atypiques. Travail de commande et travail d’auteur se sont plus ou moins imbriqués selon les séries et les “modèles”. Je précise qu’il s’agit de poules pondeuses et de poulets de chair d’élevage industriel tout à fait “lambda”, dans le sens où ils ont été génétiquement sélectionnés pour leur capacité de ponte ou de production de viande et non pas pour leur aspect esthétique comme certaines espèces d’ornement. Poules de lux À la prise de vue, je me suis efforcé de regarder et présenter mes sujets sous un bel éclairage en lumière diffusée (lumière continue fluo pro avec IRC de 99) principalement monosource, sinon avec un deuxième fluo ou un réflecteur en source secondaire comme lumière de remplissage/d’appoint. L’éclairage doux et diffus en réflexion ou à travers un parapluie convient aux poussins ou aux poules pondeuses. Pour le poulet de chair, j’ai supprimé les diffuseurs et privilégié un éclairage direct pour un rendu un peu plus dur (ça reste du fluo) et contrasté. Côté objectif, ma préférence est allée au Micro Nikkor 105 mm AF-S VR f/2,8 IF-ED pour son piqué et ses possibilités de détails en macro. Les sujets n’étaient pas dressés et avaient des mouvements saccadés, rapides et imprévisibles. Il a donc fallu multiplier les prises de vues, et le taux de déchets fut gigantesque. Figer le mouvement n’était pas une sinécure: avec des vitesses souvent proches du 1/125 s entre f/10 et f/13 et principalement à 640 ISO (1250 ISO maximum) avec le Fuji S5 Pro, puis à 800 ISO (2500 ISO maximum) avec le Nikon D700. J’avais lu que “le meilleur ami du photographe était la poubelle”. Dans ce contexte particulier, j’ai pu le vérifier. La lumière continue était confortable et sans stress pour l’animal, cependant cet éclairage manquait de puissance. Je me suis donc équipé en flashs (D1 PROFOTO) : la rapidité d’éclair fige bien mieux le mouvement et réduit le taux de déchets. Mais cela nécessite d’habituer progressivement les oiseaux aux flashs pour ne pas les stresser. Poules et poulets adoptent des poses et attitudes diverses dont l’image doit restituer toutes les subtilités. Par exemple, les fières postures du poulet m’ont conduit à mettre en avant la notion de puissance. J’ai renforcé cet aspect par le choix conjoint de nombreux points de vue en contre-plongée, grandissant et magnifiant ainsi l’animal. Pour les poules pondeuses, j’ai cherché à traduire plus spécifiquement “la maternité” et la capacité de ponte par le biais de compositions soulignant leurs rondeurs. Dès la prise de vue, je m’efforce de soigner le cadrage selon ce que je ressens et souhaite mettre en évidence. Ceci dit, je n’ai pas d’état d’âme à recadrer en post-production si nécessaire, l’essentiel étant d’obtenir au final un visuel bien composé et équilibré. Ainsi, André Kertész produisait différentes photographies très réussies à partir d’un unique négatif qu’il recadrait et Poulet de chair blanc âgé de 42 jours Nikon D700, 105 mm f/2,8 à f/13, 1/250 s, 1600 ISO


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