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Les salticides, ambassadrices des araignées Prendre des photos de spécimens ne dépassant pas le centimètre, comme ces saltiques, peut se révéler périlleux. À repérer d’abord, à approcher ensuite, le reste est affaire de pratique et de patience. Un travail de naturaliste doublé de celui de photographe macro que Luc Gizart nous détaille ici… Nat’Images 103 Evarcha arcuata, une des salticides les plus communes Nikon D200, 105 mm, f/25, 1/100 s, 100 ISO Nat’Images – Comment vous est venue l’idée de vous pencher sur le sort des araignées salticides? Luc Gizart – La macro révèle un monde inconnu. J’ai évidemment commencé par tout photographier, puis je me suis spécialisé, privilégiant notamment papillons, libellules et araignées. Parmi ces dernières, les salticides, ou sauteuses, se sont rapidement imposées comme des modèles incontournables. Le coup de foudre en quelque sorte. Dotées d’une excellente vue, elles sont toujours à l’affût de ce qui les entoure. C’est cette curiosité, je crois, qui m’a poussé à devenir à mon tour encore plus curieux. J’ai toujours été attiré par les prédateurs et, si l’on fait exception de leur taille, nous pourrions comparer les salticides à des félins: j’ai vu une araignée ramper, telle une lionne dans la brousse, pour se rapprocher de la proie convoitée. Particularité qui a son importance, les salticides sont relativement faciles à reconnaître à partir de photos. En effet, la plupart du temps, l’identification d’une araignée ne peut se faire qu’après examen des organes de reproduction sous binoculaire. Où ces photos ont-elles été prises et dans quelles circonstances? Toutes les photos présentées ici ont été prises dans les Ardennes. Le nord de la France ne constitue pas la meilleure région pour qui s’intéresse aux araignées sauteuses. À ce jour, j’ai trouvé un peu plus de trente espèces dans le département alors que le pourtour méditerranéen en compte au moins deux fois plus. Pour peu que l’on sache où regarder, par une recherche ciblée et appropriée, on peut les découvrir dans différents milieux. Certaines fréquentent la végétation herbacée, d’autres les arbustes ou les troncs d’arbres, certaines habitent les pierriers, d’autres les milieux humides, les marais ou les roselières. Mais il n’est pas toujours nécessaire de faire des kilomètres pour en voir, quelques espèces sont commensales* de l’homme. Un ami, pourtant féru de nature, me disait qu’il n’en rencontrait pas souvent; nous sortons de chez lui, une salticide déambulait sur les marches de sa maison! Les prospections sont faites parfois près de mon domicile, souvent dans divers milieux propices, mais aussi lors de voyages en France ou à l’étranger.


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