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133 Finalement, tout se terminera bien pour le chat et les pipistrelles survivantes. Ce petit monde cohabite désormais grâce à une action concertée. Halte aux clichés! Des histoires comme celle-ci, on peut vous en raconter des dizaines, allant du gazage à l’insecticide au coup de balai… ou à une sortie précipitée d’habitants d’une maison où une chauve-souris, voire tout un groupe, s’est introduite – “Vont-elles y nicher?” (sic). Alors, imaginez-vous l’état de surchauffe du standard quand se produisent des invasions en ville! Cela confirme la méconnaissance d’une grande partie de la population et montre que les peurs ancestrales et irrationnelles liées à cet animal subsistent. Quand on nous demande comment aider les chauvessouris, nous répondons, non pas d’exiler les chats, mais tout simplement de regarder déjà par où elles rentrent puis résoudre chaque problème un par un. “Allô! Allô? Je suis bien au SOS chauvessouris? Mon chat tue des chauves-souris énormes, vous pouvez faire quelque chose?” Tel fut l’appel téléphonique reçu un soir par Manu. Je vous vois sourire, mais ça n’a rien d’un canular. En fait, Emmanuel fait partie du groupe chiroptères de Champagne-Ardenne et du réseau de surveillance des chauvessouris auprès de l’Afssa de Nancy. Il a également participé au montage d’un réseau de naturalistes bénévoles pouvant intervenir en cas d’appel concernant des chauves-souris. Le plus souvent les particuliers appellent “SOS chauves-souris” après avoir contacté le Maire de la Commune, le Conservatoire des espaces naturels de Champagne-Ardenne ou un naturaliste local. Les appels ont pour principal objet le signalement de chauves-souris retrouvées au sol ou blessées. Mais ils peuvent aussi concerner des soucis de bon voisinage posés par une colonie. Dans tous les cas, la diplomatie est de rigueur. Il s’agit avant tout de sensibiliser à la protection de ces espèces et de trouver des solutions, souvent simples, pour que les chiroptères ne soient pas expulsés. En France s’organisent ainsi des groupes d’études et de suivi des chiroptères, qui, au fil des années, ont fini par tisser une vraie toile d’araignée au service de nos amies ailées. Rendez-vous est donc pris avec notre correspondante téléphonique. Nous nous déplaçons à deux, on ne sait jamais avec ces fameuses buveuses de sang, mangeuses de cheveux. “Même pas peur, je suis chauve!” s’esclaffe Manu, visiblement plus amusé qu’effrayé. Tels deux Sherlock Holmes, nous avançons Batbox* en main, chacun muni de sa frontale, d’un guide et de son plus beau sourire. Notre hôte d’un soir nous montre le forfait. Oh mince! Quatre chauves-souris brunes. Énormes? Pas si sûr, à peine 4 cm de long. Elles gisent par terre, inanimées, avec au-dessus d’elles l’ombre du coupable: le féroce félin, véritable tueur de pipistrelles. À l’aide de ses griffes, la petite chauve-souris s’arrime solidement et passe la journée tête en bas, s’abandonnant à un sommeil réparateur… jusqu’à sa prochaine chasse nocturne. Détail du patagium, membrane de peau fine tendue entre les doigts, permettant le vol. Été 2009. Relativement pataude sur la terre ferme, la pipistrelle rampe vite à couvert lorsqu’elle est dérangée. Nikon D200 Nat’Images


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